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  • Léa

Le désir après un enfant : parlons-en !

Si vous me suivez depuis un petit moment, vous n’êtes pas sans savoir que le sujet de la sexualité n’est pas un de mes thèmes de prédilection, et pourtant ! Il est intimement lié aux sujets de PMA et de parentalité qui sont chers à mon coeur. Je ne sais pas vraiment pourquoi je me suis censurée toute seule sur ce sujet : peur de choquer ? Peur de ne rien avoir à dire d’intéressant ? Peur que ce ne soit trop intime ? Mais finalement, à garder ce sujet toujours si intime, on fini par en faire un tabou et j’ai le sentiment que tout cela ne fait que nous créer des complexes et des inquiétudes parfois finalement peu fondés.


Quand mon amie Alison, la fondatrice de Tajine Banane - marque de vêtements d’allaitement résolument cool - m’a contactée pour que j’intervienne dans un Talk, auprès d’autres invitées, au sujet du désir après un enfant, j’étais un peu effrayée. Et puis… je me suis dit : si personne n’en parle, comment ce tabou autour de la sexualité se brisera ? Alors, j’ai eu peur mais j’ai dis oui.

Je vous propose donc de vous retranscrire un peu de ce qu’il s’est dit lors de ce talk et de vous partager les réponses aux questions que je vous avais adressé en story sur le sujet (et auxquelles vous avez répondu massivement, comme quoi le sujet intéresse !).


Toutes et tous égaux.les face au désir après un enfant ?

Bien évidemment, la réponse est un grand NON. Comme le disait Anna Roy, qui était présente lors du Talk, pour certains couples la sexualité revient après plusieurs années post partum*, pour d’autres c’est dès la maternité ! Et tout est JUSTE. Il n’y a pas de norme, il n’y a pas une façon de faire qui soit meilleure pour votre couple, pour vous …


*selon Anna Roy, la période du post partum durerait trois ans et je suis plutôt très d’accord avec cela !


Après une naissance, la sexualité est-elle foutue ?

La sexualité n’est pas “foutue” après l’arrivée d’un enfant mais elle nécessite des ajustements et n’est souvent pas au centre des préoccupations premières.

Dans les premiers mois de vie d’un bébé, les parents se mettent en mode “survie” : il s’agit d’un chamboulement de leur équilibre et de leurs vies, il faut se découvrir soi-même en tant que parent, découvrir aussi l’autre dans ce nouveau rôle, apprendre à connaître son enfant, à trouver un nouvel équilibre, à trouver des solutions aux problématiques qui peuvent survenir et puis très clairement, dès qu’un break arrive : on veut dormir ! C’est un fait, il est difficile de faire passer la sexualité avant un besoin plus essentiel et qui est souvent mis à mal par les nourrissons : le sommeil.


Au delà de ça, il peut y avoir d’autres facteurs bloquants comme le cododo par exemple. Certains parents pour qui la chambre était le seul lieu dédié à leur sexualité se retrouvent un peu pris au dépourvu quand cette dernière devient une chambre familiale. Il est toujours possible de se retrouver dans bien d’autres pièces, mais cela demande un peu plus d’imagination 😊


L’allaitement revient également régulièrement au centre du sujet : les femmes qui allaitent évoquent souvent cela comme un don d’elle-même - qu’elles sont généralement ravie de faire, mais une fois le bébé endormi, elles peuvent enfin mettre leur corps au repos. La sexualité est très liée à la sensorialité, au toucher - et il est vrai qu’une peau qui a déjà été touchée et “utilisée” toute la journée par un tout petit bébé a envie qu’on la laisse tranquille le soir venu, un peu comme si le quota de “toucher” avait été dépassé.

Le désir est aussi largement lié aux fluctuations hormonales, on peut s’apercevoir que la prolactine a un effet sur la baisse de libido mais aussi sur la lubrification du vagin.


Tout un programme donc dans lequel la sexualité est parfois difficile à caser.


Qu’en est-il selon vous, couples lesbiens ?

Lorsque je vous ai interrogé sur Instagram, je me suis aperçue que pour une fois, les couples de femmes ne sont pas épargnées par cette problématique qui touche aussi beaucoup les couples hétéros, c’est un fait : la plupart d’entre vous disent que leur sexualité a changé depuis l’arrivée de leur enfant et ne savent plus trop comment racrocher les wagons.


Pour celles qui ressentent un impact négatif de la maternité sur leur sexualité, les causes avancées sont les suivantes :

  • Un manque de temps, un manque de libido et une grande fatigue

  • Un nouveau corps difficile à aimer et à apprivoiser

  • Une reconnexion difficile entre les deux corps dans le couple

  • Des douleurs : épisiotomies, déchirures, césariennes…

  • Parfois une dépression post partum

  • Une charge mentale trop présente même si bien partagée au sein du couple

  • Une difficulté à dissocier les différentes identités qui nous habitent : la mère, la femme, l’amante, la fille, la soeur, la personne qui travaille etc.

  • Et la flemme (et oui faut bien l’admettre !)

Ce qui change en revanche, ce que vous ressentez beaucoup moins de pression, peu de tabou à en parler avec votre partenaire et que la compréhension mutuelle est plus grande et ça, c’est déjà énorme !


Pour certaines personnes, l’impact de la maternité sur la sexualité a même été plutôt positive :

  • Découverte de nouvelles sensations (décrites comme différentes, incroyables ou surprenantes !)

  • Plus de communication sur les envies et besoins mutuels dans le couple

  • Une meilleure connaissance de notre propre corps après avoir vécu une grossesse

  • S’aimer encore plus l’une l’autre après être devenues mères donc impact positif sur la sexualité

  • Un plus grand respect encore pour le corps de l’autre, le consentement qui devient le centre de tout et donc dont découle une plus grande confiance mutuelle.

Un fait intéressant à relever : dans certains cas le manque de désir ne vient pas de la mère qui a porté la grossesse mais de sa partenaire. On constate une fluctuation du désir et de la libido pour elles aussi. A quoi est-ce lié ? Je ne saurais le dire mais c’est une donnée intéressante. En me renseignant à ce sujet, j’ai d’ailleurs appris que certaines mères sociales connaissaient une dépression post partum elles aussi même sans vivre le post partum dans leur corps.


Tout n’est donc pas linéaire et si vous rencontrez des difficultés, croyez-moi vous n’êtes PAS seules. Ce qui m’amène à vous proposer quelques pistes pour renouer avec vous-même et avec votre partenaire (si et seulement si vous en avez envie !).


Conseils et astuces pour rallumer le désir en post partum

Au bout de quelques semaines, de quelques mois ou de quelques années, vous aurez peut-être envie de ré-investir cette dimension de votre vie : votre sexualité. Que ce soit pour vous même ou dans le but de connecter avec votre partenaire, voici quelques conseils prodigués par les invitées du Talk (deux sexologues, une sage femme, deux invitées dont moi et deux organisatrices), mais aussi par mes abonnées sur Instagram. Je vous invite à piocher là-dedans ce qui fait sens pour vous en laissant de côté ce qui ne vous parle pas (ce ne sont que des idées, pas des injonctions !) :

  • Dénouer les langues - se parler à deux et/ou discuter avec un.e sexologue seule ou à deux. Evidemment, cela peut paraître bateau mais la communication fait la plus grande partie du job ! Si cela est compliqué pour vous, vous pouvez faire appel à une personne tierce (professionnelle) ou vous appuyer sur des supports comme le jeu Jouissance Club qui aide à se parler de sexualité dans le couple.


  • Cultiver l’attention dans le couple - c’est un fait, on a généralement + envie de rapprochement avec quelqu’un à qui l’on a fait attention et qui a fait attention à nous tout au long de la journée : petites pensées par messages, attentions même minimes (préparer son café à l’autre, lui souhaiter bon courage pour quelque chose de stressant au travail, lui dire qu’on est là etc.)


  • Se (re)rencontrer - par des moments dédiés au couple et rien qu’au couple (pas forcément dédiés à la sexualité dans un premier temps), continuer de se faire plaisir, de se surprendre … Je sais qu’il n’est pas facile de confier son bébé ou son enfant, nous sommes passées par là et ça a été un vrai challenge pour nous. Attendez de vous sentir prêtes et ensuite profitez à deux !


  • S’extraire du quotidien - là encore, si vous pouvez faire garder votre enfant même pour 24h et que vous pouvez vous permettre de vous faire une petite nuit d’hôtel, d’airbnb ou un weekend ensemble dédié à votre couple, c’est top ! Un moyen de casser la routine, de s’extraire de son train train quotidien et de créer une bulle d’amour dans laquelle il est plus facile de se connecter.


  • Réveiller le désir - parfois, on peut avoir l’impression que désir et libido ont complètement disparu de nos corps et nos esprits, et pourtant… il suffit souvent de savoir comment les réveiller ! Ce qui m’amène à vous parler de Femtasy : une plateforme d’audios érotiques et sensuels pour les femmes, qui vous invite à vous reconnecter à ce qui vous fait vibrer, tout en laissant parler votre imagination - je vous invite à tester, encore une fois seule ou à deux, c’est très très sympa (et surprenant !).

D’ailleurs, vous pouvez profiter de -25€ sur votre abonnement annuel à Femtasy avec le code LEACR et qui vous permet de bénéficier de 14 jours d’essai gratuit (Femtasy envoie un mail de rappel de résiliation avant la fin de la période d'essai - c’est très transparent !).

  • Raviver les sensations - une fois le désir réveillé (et qui passe beaucoup par l’esprit !), attaquons-nous au corps ! Si vous avez accouché, la zone génitale est peut-être devenue sensible, douloureuse ou inconnue pour vous, il faut donc renouer et ré-apprendre que même s’il y a eu de la douleur par ici, il peut y avoir de nouveau du plaisir ! Pour ça, je vous recommande à 8000% d’utiliser un sextoy (déjà seule si vous avez envie) et/ou à deux. Celui de chez Puissante, le Coco, est particulièrement incroyable et met généralement tout le monde d’accord …! C’est aussi chouette je trouve de découvrir un nouvel objet ensemble, de partager sur ses sensations et ressentis : un peu de fun ne fait jamais de mal !


  • Etre à l’écoute de son cycle - lorsque l’on est deux femmes, on peut s’apercevoir souvent très nettement que l’on est très reliées à nos cycles sur bien des aspects mais notamment sur la sexualité. Pas du tout de libido à certaines périodes de votre cycle alors qu’à d’autres vous êtes on fire ? 🔥 C’est tout à fait normal ! Soyez à l’écoute de vos cycles mutuels, ils vous donneront des indications précieuses sur vos envies et vous permettront d’identifier les périodes les plus propices.


  • Inviter l’humour sous la couette - ne vous prenez pas au sérieux et surfez sur l’humour entre vous pour renouer en douceur ! C’est l’une des clés que je trouve importante (surtout si comme moi vous avez une meuf très drôle, ça aide 😅)


  • Changer le scénario amoureux - quelque chose qui revient aussi très souvent et qui devient irritant lorsque les envies évoluent - le sempiternel même scénario : je t’embrasse de telle manière, je te touche ensuite de telle manière, on fait ça en premier, puis ça etc. On a souvent tendance à rester sur ce qui marche à ne plus explorer l’autre autant qu’au début car on connait et on sait. Mais à force, cela peut un peu entacher le désir, alors pourquoi ne pas tenter de faire différemment même si cela vous fait sortir de votre zone de confort ?


  • Se (re)mettre le pied à l’étrier (la méthode organisée) - pour certaines personnes il va être nécessaire et bénéfique de planifier les rencontres amoureuses (alors que pour d’autres rien que cette idée va être horrifiante !). Certains couples choisissent de bloquer toutes les semaines dans leur planning le même créneau qui sera dédié à leur sexualité : un moyen de donner de l’importance à cela et de faire de la place à leur sexualité dans leurs vies. On peut trouver que cela manque de spontanéité, mais en réalité les débuts de relation sont-ils si spontanés que ça ? Lorsque l’on se prépare pour un date, que l’on se fait jolie et qu’on retrouve l’autre, ne savons-nous pas ce qu’il va se passer ? Ca mérite réflexion je trouve 😊 Pour d’autres, c’est même encore plus précis que ça : le couple se met d’accord pour avoir des rapports sexuels toutes les 48h sur une période donnée. Pourquoi ? Parce que lorsqu’on s’y remet beaucoup, on en a encore plus envie ! Evidemment, avec consentement mutuel et si cela fait sens pour vous (pour certains couples la sexualité est primordiale et c’est ok !).


  • Faire son choix dans le menu de la sexualité selon son appétit - je vais vous rapporter une métaphore d’Anna Roy que j’ai trouvé très parlante (et très drôle !) : quand on ne veut pas se prendre la tête et qu’on a faim, on peut opter pour une recette réconfortante et qui marche à tous les coups : un gratin dauphinois par exemple. Quand on a non seulement faim mais aussi du temps et de la disponibilité alors là, on peut se faire un resto étoilé au guide Michelin ! Vous voyez le parallèle ? C’est ok au quotidien d’avoir des rapports “gratin dauphinois” qui ne vont peut-être pas être les plus extraordinaires, les plus créatifs ou les plus longs mais qui vous permettront de maintenir une sexualité satisfaisante, qui vous fait du bien et qui vous connecte charnellement à votre partenaire. Par contre, rien ne vous empêche parfois d’opter pour un rapport “guide Michelin” peut-être justement lors d’une escapade à deux ? Encore une fois TOUT est ok et c’est cool de se le rappeler 😊


Je crois que je pourrais encore parler très longtemps de ce sujet, que je découvre plus passionnant que ce que je ne pensais ! La sexualité est tellement personnelle, tellement changeante, fluctuante… il y a mille possibilités et situations !


Dans tous les cas, j’espère que cet article vous aura déculpabilisé, donné une petite bouffée d’oxygène, vous aura aussi permis de constater que c’est difficile pour la majorité des personnes mais pas impossible, qu’il existe des solutions et que vous pouvez vous autoriser à vous faire du bien, même, et surtout, si vous êtes mères.


J’aimerais aussi ajouter que l’on peut se sentir très bien et très en phase dans son couple malgré une sexualité en sommeil et qu’une sexualité épanouie n’est pas forcément l’un des critères d’un couple qui fonctionne (même si la société tend grandement à nous le faire penser). Vos piliers de couples peuvent être différents de la sexualité. Je pense d’ailleurs que la sexualité post partum est plus facile à aborder lorsque le sexe n’était pas le pilier sur lequel reposait le couple, car en cas d’absence de rapports, on a d’autres bases sur lesquelles s’appuyer. A méditer !


Un dernier point, je constate que dans vos retours, la sexualité après un bébé peut devenir une charge. J’aimerais peut-être planter dans vos esprits une graine différente : la sexualité fait du bien (enfin si vous avez trouvé la partenaire qui vous convient en tout cas ! 😅). Et quoi de mieux que de se faire du bien en post partum ? Vous y avez droit, vous aussi.


D’ailleurs, quand tout est chamboulé par l’arrivée d’un nourrisson, certains couples décident d’investir encore plus leur sexualité : cet endroit reste sous leur contrôle, tel un échappatoire, une parenthèse, un sas de décompression. Je trouve cette idée intéressante et ce point de vue un peu différent de tout ce que l’on peut entendre habituellement.


A vous de trouver parmi tout cela ce qui fait sens pour vous, ce qui peut vous aider, vous soutenir.


Take your time 🍑


Merci à mon amie Ali de m’avoir ouvert la porte sur ce sujet et invité à ce talk passionnant.

Merci à Camille Bataillon (sexologue), Anna Roy (sage femme), Laurence Montella Lefort (sexologue), Juliette Katz (@coucoulesgirls), Marie (@puissante_) & Alison (@tajinebanane).

Merci à vous qui avez répondu à mes questions avec beaucoup de franchise, vous m’avez fait confiance sur un sujet qui peut être épineux et j’espère en avoir été à la hauteur.


A très vite !

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