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Comprendre la différence entre baby blues et dépression post partum

  • Photo du rédacteur: Léa
    Léa
  • il y a 2 jours
  • 3 min de lecture

On a tellement voulu cet enfant. On a tellement attendu, tellement espéré, tellement lutté pour qu'il ou elle arrive — alors quand ça ne va pas après la naissance, on se tait. On se dit qu'on n'a pas le droit. Que d'autres galèrent davantage. Que ce serait ingrat. C'est un cercle vicieux dans lequel il vaut mieux ne pas rentrer — et cet article est là pour t'en parler franchement.



Ce que tu vas trouver ici : la différence entre baby blues et dépression post-partum, pourquoi les familles queer sont particulièrement silencieuses sur ces sujets — et une ouverture sur d'autres vécus qu'on nomme encore trop peu.


Baby blues et dépression post-partum : ce n'est pas la même chose

Le baby blues est une réaction hormonale normale qui survient dans les premiers jours après l'accouchement — généralement entre le 3ème et le 5ème jour. Pleurs inexpliqués, hypersensibilité, sentiment d'être dépassé·e : c'est transitoire, et ça touche la grande majorité des personnes qui accouchent. Ça passe, généralement en quelques jours.


La dépression post-partum, c'est autre chose. Elle peut apparaître dans les semaines ou les mois qui suivent la naissance — parfois progressivement, parfois brutalement. Elle se manifeste par une tristesse profonde et persistante, un sentiment d'inadéquation, une difficulté à créer le lien avec l'enfant, une anxiété intense, un épuisement qui va au-delà du manque de sommeil. Ce n'est pas un caprice, ce n'est pas de la faiblesse — c'est une réalité médicale qui nécessite un accompagnement.


⚠️ La dépression post-partum peut toucher n'importe quel parent — pas uniquement la personne qui a porté l'enfant. Les co-parents, les parents adoptants, les parents n'ayant pas porté la grossesse peuvent aussi en souffrir. On en parle en détail dans mon livre Familles queer : parentalités mode d'emploi.


Le silence des familles queer

Quand on a traversé un long parcours PMA ou GPA, une adoption difficile, des années d'attente et d'incertitude — ne pas aller bien après l'arrivée de l'enfant peut sembler incompréhensible, voire illégitime. On se dit qu'on a tout fait pour ça, qu'on devrait être heureux·se, que d'autres n'ont pas cette chance.


C'est un cercle vicieux. La culpabilité empêche de nommer ce qui ne va pas. Le silence aggrave les symptômes. Et plus on attend, plus il devient difficile de demander de l'aide.

Ce que je veux te dire clairement : tu es aussi légitime que n'importe qui à ressentir des émotions paradoxales après la naissance de ton enfant. L'amour et l'épuisement. La joie et la tristesse. Le soulagement et la peur. Ces émotions ne s'annulent pas — elles coexistent. Et elles ne disent rien de ta valeur en tant que parent.


Une ouverture sur le regret parental

Il y a un vécu encore plus difficile à nommer, et pourtant réel : le regret parental. Pas l'ambivalence passagère des premiers mois — mais le sentiment durable que la parentalité ne correspond pas à ce qu'on espérait, que quelque chose d'essentiel a été perdu, que si c'était à refaire…

C'est un sujet tabou — encore plus pour les familles queer qui ont souvent tant mis en œuvre pour avoir cet enfant. Si tu te reconnais dans ces mots, sache que tu n'es pas seul·e, que ça ne fait pas de toi un mauvais parent, et que parler à un·e professionnel·le de santé mentale est la chose la plus courageuse et la plus utile que tu puisses faire.


✦ Pour aller plus loin

J'aborde ces sujets et bien d'autres — le post-partum, les émotions paradoxales après la naissance, et ce qu'on ne dit pas assez sur la parentalité queer — dans deux de mes livres :



Le post-partum ne prévient pas, et il ne demande pas la permission — peu importe la façon dont ton enfant est arrivé dans ta vie, peu importe le chemin parcouru pour qu'il ou elle soit là. Si tu ne vas pas bien, dis-le. À ton médecin, à ta sage-femme, à quelqu'un en qui tu as confiance. Tu n'as pas à mériter le droit d'aller mal.


Est-ce que toi tu as vécu cette période difficile après la naissance ? Partage en commentaire si tu en as envie — ces témoignages comptent énormément pour celles et ceux qui traversent la même chose en silence.



📌 A lire aussi :

clique sur les titres pour accéder aux ressources

→ Baby clash — comment s'y préparer avant l'arrivée de l'enfant


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