• Léa

Témoignage - J'ai eu recours au don d'ovocytes

Mis à jour : oct. 5

Parfois, la vie se montre injuste et fait de notre parcours vers la maternité, un parcours du combattant. C'est ce qu'il s'est produit pour Virginie, mais grâce à sa ténacité, à sa femme et à beaucoup d'espoir, le bonheur est enfin en chemin...  

Peux-tu te présenter et présenter ta famille ?


Nous sommes Virginie (38 ans) et Stéphanie (48 ans) en couple depuis plus de 3 ans maintenant. Je suis infirmière et ma compagne chef de police. Nous avons vécu pendant 2 ans et 8 mois l’amour à distance, je vivais à Grenoble et Stéphanie à Paris. Nous faisions les aller/retours tous les 10 jours environ. Nous attendions une opportunité professionnelle pour pouvoir se rapprocher l’une de l’autre. Ce qui est chose faite depuis Août 2019.



Parles-nous de ton parcours PMA, de tes échecs, et de ce qui t’as amené vers le double don ? Et pourquoi ne pas avoir utilisé les ovocytes de ta femme ?


Depuis plus de 10 ans, et donc avant de connaitre Stéphanie, j’avais déjà ce désir de fonder une famille. Avec mes anciennes compagnes j’ai réalisé 4 IAD, 2 en Belgique et 2 autres en Espagne. Les échecs ont été difficile à encaisser à chaque fois jusqu’au jour où l’on m’a appris que j’étais atteinte d’endométriose sévère. Si je voulais avoir un enfant, je devais passer par des opérations chirurgicales. J’ai à ce moment là relativisé sur mes échecs, en me disant que ce n’était pas à cause de moi mais à cause de la maladie qu’il y avait en moi. Suite à 4 interventions en 6 ans, j’ai laissé mon corps au repos et ai essayé différentes méthodes pour calmer l’inflammation due à cette maladie. J’ai donc mis en stand by le projet bébé, car je voulais aussi être avec une femme qui tenait la route et qui serait pleinement investie dans le projet qui était le mien au départ.


Et j’ai rencontré Steph. Dès le début, je lui ai exprimé mon désir d'enfant et lui ai clairement dit que c’était à prendre ou à laisser. Steph n’a jamais eu ce désir de maternité, elle n’a jamais été entourée d’enfants, c’était nouveau pour elle. Nous avons donc mûri le projet à deux. Une fois sûres de notre amour, nous avons pu nous projeter avec l’idée de fonder une famille. Nous avons cherché une clinique, nous avons pris contact et l'avons visité.


Je savais qu’au vu de mes antécédents, les médecins allaient me proposer une FIV et j’étais prête. J'ai fait tous les examens nécessaires. J’avais un taux AMH faible mais le gynécologue de la clinique nous a dit que l’on pouvait tenter une FIV avec mes propres ovocytes. J’ai donc commencé le traitement de stimulation, j’y ai faiblement répondu avec seulement 5 ovocytes. J’ai reçu un transfert de 2 embryons et aucun autre n'a pu être congelé car ils n’ont pas tenu. C’était donc notre seule chance d’avoir un enfant avec mes ovules.


Malheureusement, ce fut un échec, que j’ai eu du mal à encaisser. C’était très difficile, l’espoir d’avoir un enfant me ressemblant physiquement et génétiquement s’est envolé en une fraction de seconde. A l’issu de cet échec, le gynécologue nous a expliqué qu’il fallait envisager le double don (de sperme et d'ovocyte)… Je n'étais pas prête à ça... Je venais de vivre un échec, je n’arrivais pas à me projeter. Pour Stéphanie c’était différent. Elle a été adoptée, ne connait pas son patrimoine génétique mais a vécu dans un cocon familial rempli d’amour. Elle n’a jamais eu ce besoin de retrouver ses géniteurs, pour elle, ses parents sont ceux qui l’ont adopté. Nous avons donc beaucoup discuté sur ce double don.


Nous ne sommes pas mariée donc la méthode ROPA n'était pas possible d'autant plus que ma chérie est en pré-ménopause donc en incapacité de donner ses ovules. Après quelques mois de réflexion à peser le pour et le contre, et à se projeter autrement, nous avons décidé de tenter l’aventure du double don.

Comment accepter que notre enfant ne partage pas notre patrimoine génétique ? Quel travail faut-il faire sur soi-même ?

Nous avons passé des heures à discuter car nous plongions dans l’inconnu. Nous ne saurons jamais à l’avance les questions que notre enfant nous posera sur son patrimoine génétique, mais nous avons décidé de nous lancer dans l’aventure, car cet enfant, nous l’aimeront plus que tout et feront tout pour qu’il soit épanoui avec nous.


Quel a été le rôle, la place et l’avis de ta femme dans ce parcours ?


C’est mon pilier. Sans notre réflexion à deux, je n’aurais peut-être jamais franchi le pas, j’avais trop de craintes. Etant adoptée, elle avait une position autre que la mienne et a su trouver les mots pour me rassurer. Elle n’avait pas peur de l’inconnu contrairement à moi.

Quels retours as-tu eu de ton entourage à l’annonce de ce double don ?


Ma famille et mes amis ont toujours suivi mes parcours. Pour eux, ce double don était un cadeau que l’on me faisait pour que mon rêve de devenir maman se concrétise. C’est vraiment difficile de faire son deuil de maman quand on a envie de cela au plus profond de soi. 


Comment toi et ta femme souhaitez expliquer la situation à votre enfant ?


On lui expliquera dès petit, il n’y aura pas de tabou sur sa conception. Nous avons tenu un livre de grossesse qui retrace son histoire avec toutes les photos et le parcours PMA.



Quels conseils peux-tu donner aux femmes ou aux couples dans ton cas ?


Laissez-vous guider par votre instinct de maman. N’ayez pas peur de l’inconnu. Cet enfant aura été tellement désiré que vous trouverez les mots pour lui expliquer comment il a été conçu et pourquoi de cette façon. Faites-vous confiance.



Aujourd'hui, Virginie & Stéphanie attendent une petite fille dans les semaines à venir. Elles sont la preuve qu'en ne baissant jamais les bras, et en étant emplies d'amour et d'espoir, tout est possible, peu importe la situation, l'âge ou le parcours...


Je tiens à les remercier pour ce beau témoignage, qui j'espère mettra du baume au cœur à certaines, et je leur souhaite de connaître le même bonheur que nous à l'arrivée de leur fille...


A très vite !


Quelques précisions :

Au Portugal, la méthode ROPA est possible pour les couples non-mariés et la PMA en général est accessible aux femmes jusqu'à 50 ans :)

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