Baby clash : comment s'y préparer avant l'arrivée d'un l'enfant
- Léa

- il y a 2 jours
- 5 min de lecture
Le baby clash, c'est ce moment où l'arrivée d'un·e enfant révèle des incompatibilités qu'on n'avait pas vues venir — ou qu'on n'avait pas voulu voir. Pas parce qu'on ne s'aime pas, mais parce qu'on ne s'est jamais vraiment posé les bonnes questions avant. La bonne nouvelle : ça se prépare. Et mieux tu connais ton·ta partenaire — et toi-même — avant de te lancer dans un projet parental, mieux tu seras armé·e.

Dans cet article, je t'explique trois grandes clés pour mieux te connaître et connaître ton·ta partenaire avant l'arrivée d'un·e enfant — et je te donne des pistes concrètes pour ouvrir ces conversations ensemble.
C'est quoi le baby clash ?
Le baby clash, c'est la collision entre deux visions de la parentalité, deux modes de fonctionnement, deux histoires — qui se révèlent souvent au pire moment, c'est-à-dire quand on est épuisé·e, débordé·e, et qu'on n'a plus aucune marge pour négocier. Ce n'est pas une fatalité. Mais ça demande d'avoir fait un peu de travail en amont. Voilà trois grands axes à explorer avec ton·ta partenaire avant qu'un·e enfant arrive.
1 — Les styles d'attachement
Le style d'attachement, c'est la façon dont tu as appris, très tôt dans ta vie, à te relier aux autres — et notamment à gérer la proximité, la distance, et les conflits dans tes relations affectives.
Il en existe quatre grands types :
👉🏻 L'attachement sécure : tu te sens globalement à l'aise avec l'intimité et l'autonomie. Tu sais demander du soutien quand tu en as besoin, et tu sais aussi en donner. C'est le style le plus favorable — et il peut s'acquérir, même s'il n'a pas été ton point de départ.
👉🏻 L'attachement anxieux : tu as tendance à avoir peur d'être abandonné·e, à chercher beaucoup de réassurance, et à vivre les conflits comme des menaces pour la relation. L'arrivée d'un·e enfant — qui mobilise énormément l'attention et laisse peu de place au couple — peut réactiver ces peurs.
👉🏻 L'attachement évitant : tu as tendance à mettre de la distance quand les choses deviennent trop intenses, à valoriser fortement ton autonomie, et à avoir du mal à exprimer tes besoins affectifs. Face au chaos des premiers mois avec un bébé, ce mode peut se renforcer.
👉🏻 L'attachement désorganisé : souvent lié à des expériences de trauma dans l'enfance, il mélange le désir de proximité et la peur de l'intimité, ce qui peut créer beaucoup d'ambivalence dans les relations.
Pourquoi c'est important ? Parce que deux styles d'attachement différents vont réagir très différemment face au stress, à l'épuisement, et aux nouveaux rôles que l'arrivée d'un enfant impose. Les connaître — le sien et celui de son·sa partenaire — permet de désamorcer beaucoup de conflits avant qu'ils ne s'emballent, ou a minima de repérer des mécanismes dans lesquels vous pouvez être pris·es.
2 — Les langages de l'amour
Le concept des "5 langages de l'amour" vient du psychologue Gary Chapman — et même s'il est parfois galvaudé, il reste un outil vraiment utile pour comprendre pourquoi on peut se sentir mal aimé·e sans que l'autre ait eu l'intention de nous blesser.
💡 L'idée est simple : on n'exprime pas tous l'amour de la même façon, et on n'a pas tous les mêmes besoins pour se sentir aimé·e.
Les cinq langages en question :
💬 Les paroles valorisantes : tu as besoin d'entendre que tu es aimé·e, apprécié·e, que tu fais bien les choses. Les compliments, les encouragements, les mots doux comptent énormément pour toi.
⏳ Le temps de qualité : ce qui compte pour toi, c'est l'attention pleine et entière de ton·ta partenaire — des moments vraiment partagés, sans écran ni distraction.
🎁 Les cadeaux : pas forcément des cadeaux coûteux — mais les petites attentions, les gestes symboliques qui montrent que l'autre pense à toi.
💪🏼 Les services rendus : tu te sens aimé·e quand ton·ta partenaire fait des choses concrètes pour toi — prépare le repas, gère une démarche, prend en charge quelque chose sans qu'on le lui demande.
💕 Le toucher physique : la proximité physique est ton premier langage — câlins, main dans la main, présence corporelle.
Avec un enfant, certains de ces langages deviennent naturellement plus difficiles à maintenir — le temps de qualité se réduit, le toucher est souvent monopolisé par le bébé, l'épuisement laisse peu de place aux mots doux.
Si tu ne sais pas quel est ton langage ni celui de ton·ta partenaire, il y a de grandes chances que vous passiez toutes les deux à côté de ce dont l'autre a vraiment besoin. En ayant cette connaissance mutuelle, il est possible de dire ou faire de toutes petites choses, compatibles avec l'arrivée d'un bébé, qui vont directement nourrir le langage de l'amour de chacun·e.
L'idée c'est de faire peu certes, mais de tomber en plein dans le mille de ce qui fera vraiment plaisir.
3 — Les grandes questions à se poser avant
Au-delà de ces outils, il y a des conversations concrètes à avoir avant de se lancer dans le projet d'enfant — et souvent, on ne les a pas parce qu'on suppose que l'autre pense comme nous, ou parce qu'on a peur de ce qu'on pourrait découvrir.
Quelques exemples de sujets à aborder ensemble :
Comment imagines-tu la répartition des tâches au quotidien avec un·e enfant ?
Comment gères-tu le manque de sommeil et l'épuisement ?
Qu'est-ce qui est non-négociable pour toi dans l'éducation de l'enfant ?
Comment envisages-tu la place de nos familles respectives ?
Ces questions peuvent sembler abstraites avant l'arrivée d'un·e enfant — et pourtant, les réponses en disent souvent beaucoup sur ce qui pourrait devenir des points de friction.
Le Jeu de Bavardage
C'est exactement pour ouvrir ces conversations qu'on a créé le Jeu de Bavardage — un jeu de cartes pensé pour les couples lesbiens en parcours de conception ou en début de projet parental. Il permet d'aborder ensemble, de façon ludique et bienveillante, toutes ces questions qu'on n'ose pas toujours poser — sur la parentalité, le couple, les peurs, les envies, les valeurs et même certains tabous.
Pas besoin d'être en thérapie ni d'avoir une conversation sérieuse et planifiée : juste deux personnes, un jeu de cartes, et l'envie de mieux se connaître, pour de vrai !
Le baby clash n'est pas une fatalité — c'est souvent juste le résultat de conversations qu'on n'a pas eues. Mieux se connaître soi, mieux connaître son·sa partenaire, et oser aborder les sujets qui font peur : c'est ça, la vraie préparation à la parentalité.
Et toi, tu as déjà abordé ces sujets avec ton·ta partenaire — ou c'est encore en friche ? Partage en commentaire, tu n'es probablement pas seul·e dans ce cas.
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