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Comment patienter jusqu'au test de grossesse après un essai PMA ?

  • Photo du rédacteur: Léa
    Léa
  • il y a 1 jour
  • 5 min de lecture

Les deux semaines entre un essai PMA et le test de grossesse — aussi appelées dans le monde anglo-saxon "two week wait" — sont probablement les plus longues de tout le parcours. Le temps se dilate, chaque symptôme est scruté, l'espoir et la peur se mélangent dans un cocktail pas toujours agréable. Tu ne peux pas accélérer le temps — mais tu peux t'équiper pour traverser cette période un peu mieux.



Une boîte à outils concrète pour occuper ton corps, ton esprit et ton couple (le cas écheant) pendant le two week wait — sans te rendre fou·folle.


D'abord, normaliser ce que tu ressens

Cette période est objectivement difficile. L'incertitude totale, l'impossibilité de savoir, le fait de devoir continuer à vivre normalement alors que tout pourrait être en train de changer — c'est éprouvant. Tu n'as pas à faire semblant que ça va si ça ne va pas. Et tu n'as pas non plus à culpabiliser si tu arrives à ne pas y penser pendant quelques heures.


Il n'y a pas de bonne façon de vivre ces deux semaines. Juste la tienne.


Prendre soin de ton corps

Bouger — mais doucement

Pas besoin de s'allonger sans bouger pendant deux semaines — c'est un mythe. Une activité physique douce est tout à fait indiquée : marche, yoga, natation, étirements... Bouger aide à réguler le stress, à se sentir dans son corps plutôt que dans sa tête, et à faire passer le temps.

Manger ce qui fait du bien

Pas de régime strict (seulement éviter les aliments et boissons contre-indiqués aux personnes enceintes), ni d'obsession alimentaire — mais prendre soin de son alimentation pendant cette période, c'est une façon concrète d'avoir l'impression d'agir. Des aliments riches en folates, en fer, en oméga-3 — et surtout des repas qui font plaisir et réconfortent.

Dormir et se reposer vraiment

Le stress de cette période peut perturber le sommeil. Essaie de maintenir une routine du coucher, de limiter les écrans le soir, et de t'accorder des vraies pauses dans la journée — même courtes.

Prendre soin de toi autrement

Un massage (hors zone du ventre) ou un bain chaud — pas parce que ça va changer le résultat, mais parce que prendre soin de son corps pendant cette période c'est déjà beaucoup.


Prendre soin de son mental

Limiter — vraiment — les recherches en ligne

Les forums "symptômes début de grossesse" sont un piège. Chaque symptôme peut être interprété dans les deux sens, et tu vas finir par te convaincre tour à tour que ça a marché et que ça n'a pas marché. Fixe-toi des limites claires sur le temps que tu passes à chercher des signes.

💡 A savoir : on peut être enceint·e et n'avoir aucun symptômes. A contrario, on peut ne pas l'être et avoir des symptômes (nausées, fatigue, poitrine ou torse qui se durcit etc.) à cause du traitement à base de progestérone qui est souvent donné après une tentative, et qui occasionne des effets secondaires.

L'idée est donc de remarquer ces changements ou non changements, mais d'essayer de ne pas en tirer de conclusion hâtive.

Journaling

Écrire ce qu'on ressent pendant cette période peut être libérateur. Pas pour analyser — juste pour poser quelque part ce qui circule dans ta tête. J'ai crée le journal parfait pour ça, que tu peux retrouver ici.

La méditation et la pleine conscience

Des applications comme Petit Bambou ou Insight Timer proposent des méditations spécifiques pour la fertilité et l'incertitude. Même cinq minutes par jour peut faire une vraie différence sur le niveau d'anxiété. Ceci dit, ça ne plaira pas à tout le monde, si tu as comme moi un TDAH, je te déconseille ce type de méditation qui risque de t'ennuyer !

S'accorder des zones sans PMA

Choisir délibérément des moments dans la journée ou la semaine où le sujet est sur off — une soirée film, un repas entre ami·es, une activité qui t'absorbe complètement. Ce n'est pas fuir, c'est respirer et ça fait parfois du bien.

Choisir ses confident·es

Si tu as besoin de parler, choisis bien à qui tu en parles. Une personne qui sait écouter sans projeter ses propres angoisses sur toi, sans te bombarder de conseils non sollicités, sans te demander tous les jours si tu as des nouvelles.

Pour informer tes proches au mieux, j'ai crée un guide pour eux : Allié.e, disponible ici.


Prendre soin de son couple (le cas échéant)

En parler — ou décider de ne pas en parler

Dans le cas des couples, certains ont besoin de parler de l'essai en continu, d'autres ont besoin d'une trêve. Les deux sont valables — l'important c'est de se mettre d'accord ensemble sur comment vous voulez vivre cette période plutôt que de subir chacun·e de son côté.

Faire des choses de couple

Profiter de ces deux semaines pour faire quelque chose qui vous fait du bien ensemble — une sortie, un week-end, un dîner, une série à finir. Rappeler au couple qu'il existe en dehors du parcours PMA.


Se préparer à toutes les issues — sans anticiper

Il y a une fine ligne entre se préparer et anticiper de façon anxiogène. L'idée n'est pas de décider à l'avance comment tu vas réagir selon le résultat — mais de savoir que tu as des ressources, que tu n'es pas seul·e, et que quelle que soit l'issue, il y a un après.

Si l'essai ne fonctionne pas, tu auras le droit d'être triste, en colère, épuisé·e. Et tu auras aussi le droit de reprendre des forces avant de décider de la suite.


Un mot sur les tests précoces

On le sait — la tentation de tester avant le jour-J est immense. Les tests ultra-sensibles permettent de détecter une grossesse très tôt, mais les résultats peuvent être trompeurs et source de beaucoup de confusion, surtout après un parcours PMA. En effet, de faux positifs peuvent être induits par les traitements. Si tu décides de tester avant la date prévue, fais-le en conscience.


✦ Pour aller plus loin

L'attente en parcours PMA — le two week wait, mais aussi toutes les autres formes d'attente qu'on traverse — c'est le sujet du dossier n°10 de Maison MÈRE.S. Au programme : ce que l'attente fait vraiment à ta santé mentale, de vraies pistes concrètes pour mieux la vivre, comment la traverser en couple (ou pas), et même ce qu'il ne faut surtout pas dire à quelqu'un·e qui attend.





Cette période ne sera probablement jamais facile — mais elle peut être un peu moins solitaire et un peu moins envahissante si tu t'y prépares, notamment en prenant soin de toi et surtout en te maintenant occupé·e.


Et toi, comment tu vis ou tu as vécu cette période ? Tes stratégies, tes rituels, ce qui t'a aidé·e — partage en commentaire, on en a toutes et tous besoin.



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