• Léa

Témoignage - Être l'enfant de deux Mamans

Dernière mise à jour : 5 oct. 2020

Aujourd’hui, je suis heureuse de vous partager le témoignage de Lou, qui a deux mamans ! Grâce aux questions que vous lui avez posé via mon compte Instagram, j’ai pu l’interroger sur son ressenti d’enfant issu d’une union homoparentale, avec son recul d’adulte. J’espère que ses réponses pourront en rassurer certaines, et vous donner confiance en vous et en l’avenir pour vos enfants… Bonne lecture !


Blog PMA Léa & Capucine - L'enfant de deux mamans
Qui es-tu et dans quelle famille as-tu grandi ?

Je suis Lou, j’ai 31 ans, maman de 2 petites princesses, et je suis née dans une famille “atypique” à l’époque : composée de 2 mamans, mon frère et moi.

J’ai grandi dans une famille très aimante, sans VEO, avec peu d’argent mais très bienveillante. Mes mamans se sont séparées alors que j’étais très petite mais sont restées très proches et nous ont élevées main dans la main, nous avons fait tous les Noëls tous ensemble. Elles n’ont peut-être pas “réussi leur couple” mais elles ont réussi leur séparation (et leurs enfants haha).


Comment as-tu évolué dans une famille homoparentale ?As-tu parfois eu des craintes ? En as-tu souffert un jour ? Ou au contraire t’es-tu sentie riche de cette différence ?

Petite je ne remarquais même pas que mon histoire était différente des autres, et pourtant elle l’était puisqu’il y a plus de 30 ans il était rare de rencontrer des familles homoparentales. Enfant bizarrement (ou non) j’avais plus “honte” de nos manques de moyens et des voitures (toutes pourries) de ma mère que de notre schéma familial atypique, comme la plupart des enfants finalement.


Puis vient l'adolescence… Alors encore une fois il faut remettre les choses dans leur contexte, à cette époque, et à l'âge où on commence à avoir un avis sur tout (et pas toujours très réfléchi) : j’étais la nana populaire, qui avait de supers notes mais qui pourtant traînait avec les “Bad boys” et malheureusement avec des jeunes pas toujours très bienveillants pour qui l’apparence était le plus important. Du coup, pour rentrer dans le moule je ne parlais pas de ma famille, parfois je mentais. Et ce n’est pas d’avoir deux mamans qui m’a fait souffrir à ce moment-là mais seulement le fait de m’enfermer dans des mensonges.


Mon frère, lui, n’a jamais eu de problème, je ne sais pas si justement c’est le fait de tout assumer qui faisait que tout était plus facile ou si c'était parce qu’il faisait partie des “babas cools” et donc que ses fréquentations étaient plus ouvertes …

En tout cas, quand j’en ai eu marre de me “cacher” alors qu’il n’y avait rien à cacher, tout a été plus simple, et au final je n’ai jamais eu de réflexions désobligeantes ou de regard de travers.


Au contraire chaque fois que je présente mes mamans ou parle de mon histoire on me dit très souvent “wow mais c’est super !” “t’as de la chance”.

Aujourd’hui je me sens riche de cette différence. Bon, il faut dire que mes mamans m’ont beaucoup facilité la vie en étant des mamans super cools, super ouvertes, que tout le monde sans exception adore !


Comment ta famille a-t-elle été perçue par les personnes extérieures durant ton enfance et ton adolescence ? Comment as-tu vécu le regard des autres ?

J’en parle déjà un peu dans la question précédente, le seul petit point noir serait l’adolescence. Mais en fait je crois que les regards des autres nous blesse que si on cherche à y voir quelque chose. Si nous n’avons besoin d’aucun “accord” de la part de ces regards, de ces étrangers, alors aucun ne peut nous atteindre …

C’est comme avec l’allaitement par exemple, je n’ai jamais eu de regard de travers parce que je n’ai jamais laissé l’opportunité à un étranger de croire que j’étais gênée ou que je n’assumais pas cet acte (et surtout de penser que j’avais besoin de son aval ou de savoir ce qu’il en pensait).


Avec mes mamans c’est pareil, à partir du moment où j’assumais, fièrement, l’histoire de ma famille, je n’en ai plus jamais souffert. J’ai des copines qui ont moins bien vécu l’âge de leurs parents par exemple (plus avancé que les autres) ou simplement des amis qui étaient mal dans leur peau pour toute autre raison… Il y aura toujours quelque chose, au final, si on accorde de l’importance au regard des autres.

Bon je m'égare un peu, mais pour répondre succinctement, enfant et adulte tout roule, adolescente j’en ai un peu souffert. C’était tellement peu banal que le regard des autres étaient peut-être simplement de l’étonnement. Je pense que c’est différent aujourd’hui.

<