L'adoption d'un·e enfant pour les familles LGBT+
- Léa

- il y a 2 jours
- 4 min de lecture
L'adoption, c'est souvent la trajectoire qu'on envisage sans vraiment savoir par où commencer — ni combien de temps ça prend. Un peu comme la PMA finalement : beaucoup de questions, peu de réponses claires. Je fais le point sur les étapes, les conditions, et ce que ça implique concrètement pour les familles queer.

Dans cet article, je te donne un aperçu du parcours d'adoption en France — les conditions, les étapes, les délais, et les spécificités pour les couples LGBT+ et les personnes en solo.
Un peu de contexte
L'adoption pour les couples de même sexe est légale en France depuis 2013. Dans les faits, ça a été — et ça reste encore parfois — un peu plus compliqué que pour les couples hétérosexuels. Des discriminations ont été documentées, notamment lors de la demande d'agrément ou au moment de l'attribution d'un enfant : certains services ont proposé quasi exclusivement aux familles queer des enfants dits "à particularité", en situation de handicap ou porteurs d'une maladie.
Heureusement, cette tendance semble s'inverser, notamment depuis la réforme de la loi sur l'adoption de 2022. Des couples de même sexe et des personnes en solo parviennent maintenant à faire famille via l'adoption — mais ça reste un parcours qui demande de la patience et de la préparation.
Les conditions
Pour prétendre à l'adoption en France :
Il n'est plus obligatoire d'être marié·e — on peut être pacsé·e ou vivre en concubinage si l'on est un couple
Les futur·es parent·es adoptant·es doivent avoir au moins 26 ans (ou moins s'iels vivent ensemble depuis au moins un an)
La différence d'âge entre les adoptant·es et l'adopté·e doit être d'au moins 15 ans et d'au maximum 50 ans
Les deux partenaires doivent consentir à l'adoption
Pour adopter un nouveau-né, il faut être âgé·e de moins de 42 ans
⚠️ Pour les personnes en solo : l'adoption est possible en France pour les personnes célibataires — sans condition de vie en couple. Les mêmes conditions d'âge et de différence d'âge s'appliquent.
⚠️ Pour les personnes trans : rien n'est vraiment spécifié ou documenté — mais l'accès, dans les faits, ne semblent pas impossible d'un point de vue légal.
Les étapes
1 — La demande d'agrément
C'est le point de départ sans lequel rien n'est possible. L'agrément permet de s'assurer que les conditions d'accueil sur les plans familial, éducatif, social et psychologique correspondent aux besoins et à l'intérêt d'un enfant adopté.
Concrètement : tu fais la demande, et dans les deux mois tu es convoqué·e à une réunion d'information — souvent assez difficile, conçue pour armer les futur·es parents au mieux face à ce qui les attend. Si tu confirmes ta demande, tu commences à constituer le dossier et à te lancer dans les investigations sociales et psychologiques. Cette étape prend généralement 9 mois.
C'est aussi à ce moment qu'il faut établir une "notice" : un document précisant les critères relatifs à l'enfant que tu souhaiterais adopter — âge, sexe, origine ethnique, et avec ou sans "particularité".
💡 À savoir : les termes "particularités" et "handicaps" englobent un très large éventail de pathologies, allant de la myopie ou d'un souffle au cœur à la trisomie. Il vaut mieux bien s'informer pour ne pas se fermer de portes inutilement.
L'agrément est valable 5 ans. Si aucun enfant n'est attribué avant ces 5 années, il faudra refaire une demande. Chaque année, il faut aussi écrire à l'ASE pour signifier que ton projet d'adoption est toujours d'actualité — et c'est dans cette lettre que tu peux mentionner tout ce que tu as fait pour nourrir ton projet (lectures, films, réunions, associations…).
2 — Le dépôt de la demande d'adoption
Une fois l'agrément obtenu, tu déposes une demande d'adoption auprès des services du département de l'Aide Sociale à l'Enfance (ASE) dans le cadre d'une adoption en France, ou tu t'adresses à l'Agence Française de l'Adoption (AFA) ou à un organisme autorisé pour l'adoption (OAA) dans le cadre d'une adoption à l'étranger.
⚠️ Point important pour les familles queer : les couples de même sexe ont, en pratique, quasiment aucune possibilité d'adopter dans un pays étranger — les législations ne le permettant souvent pas.
3 — Patienter, mais pas sans rien faire
Une fois la demande déposée, il faudra patienter — parfois plusieurs années. Mais ce n'est pas une période passive : le projet d'adoption doit être en permanence nourri et travaillé. Ce qui joue en ta faveur, ce n'est pas forcément l'ancienneté de ta demande, mais la compatibilité entre ton profil et l'enfant à adopter.
💡 Quelques conseils pour cette période d'attente :
Participer à des réunions d'information le plus souvent possible (des attestations de participation sont remises à la fin de chaque session)
Relancer régulièrement les personnes en charge de ton dossier
Te renseigner sur la réalité de l'adoption via des lectures, films, documentaires
Adhérer à des associations — c'est souvent bien perçu et très utile
4 — L'attribution d'un enfant
Et un jour, peut-être, le téléphone sonne. C'est le processus d'apparentement : un enfant rejoint ta famille. Il faut ensuite passer par une procédure d'adoption plénière devant le Tribunal, en France.
✦ Pour aller plus loin
L'adoption, c'est un sujet que je développe en profondeur dans mon livre Familles queer : parentalités mode d'emploi — avec les spécificités pour les familles queer, les droits, les démarches, et les témoignages de plusieurs familles qui sont passées par là.
L'adoption, c'est un long chemin, c'est vrai mais qui, quand il aboutit, est une aventure humaine et parentale extraordinaire. La clé, c'est d'y aller informé·e, préparé·e, et bien entouré·e — en étant bien au fait des réalités et enjeux d'un tel parcours.
Est-ce que toi tu envisages l'adoption, ou tu es déjà dans ce parcours ? Partage en commentaire — les témoignages et les questions sont toujours les bienvenus.
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