• Léa

L'anonymat des donneurs

Mis à jour : oct. 5

Donneur Anonyme ou Donneur Non-Anonyme ? Vaste question qui me tient particulièrement à cœur. Je vous emmène dans ma réflexion.


Quant au début de notre relation, nous avons évoqué avec Capucine la manière dont à l'avenir nous voulions faire un enfant, je lui ai tout de suite dit que pour moi, avoir recours à un donneur non-anonyme était primordial. Je vais vous expliquer pourquoi, comme je l'ai fait avec elle.


Disclaimer : je parle ici dans un premier temps des donneurs anonymes et non-anonymes issus de banque de sperme certifiées telles que Cryos principalement.

Pour plus d'informations sur les donneurs connus (issu du cercle amical ou trouvés sur internet, allez directement en bas de l'article).


Disclaimer bis : je suis clairement pour les donneurs non-anonymes, cet article n'est donc pas objectif, je vous expose ici mon vécu et notre avis, pour ouvrir des possibilités à celles qui n'y avait simplement pas pensé :) Pas d'offense pour celles qui ont fait le choix d'un donneur anonyme ! 

Je parle souvent du fait, dans la vie et sur Instagram, que nous ayons opté pour un donneur non-anonyme, et je reçois des réponses qui me glacent le sang tant je m'aperçois du manque d'informations autour de ce sujet...


Car oui, VOUS AVEZ LE CHOIX ! Et vous vous devez de réfléchir à cette question.  

On ne choisit pas le pays dans lequel on va faire sa PMA seulement par commodité, on le choisit par rapport au fait qu'on veuille un donneur anonyme ou non.


Je m'explique : en Belgique ou en Espagne, dans la plupart des cas, le donneur anonyme est tout bonnement imposé. Sans choix de la part des patientes.

Au Portugal, par exemple, le choix est donné et tend de plus en plus vers des donneurs non-anonymes.


Au même titre que vous avez choisit votre partenaire ou fait le choix de faire votre enfant seule, vous devez absolument vous poser la question du donneur, et quand bien même vous opteriez pour un donneur anonyme, c'est OK ! Tant que c'est un choix réfléchit de votre part, et non quelque chose d'imposé par une clinique.



Mon histoire

Concernant mes motivations à vouloir un donneur non-anonyme, elles sont clairement liées à mon histoire familiale. Mon papa a été adopté, et quand, petite, je l'ai su, cela a provoqué de nombreuses interrogations en moi sur mes origines... Cela m'a hanté et questionné durant des années, jusqu'à ce qu'arrivée à l'âge adulte, je puisse faire un test d'ADN pour connaitre mes 50% d'origines inconnues. Mais aujourd'hui encore, je suis à la recherche de mon histoire familiale... 


Il n'était donc pas question que je mette ma fille dans la même situation et que je ne puisse répondre à ses futures interrogations que par des "je ne sais pas"...

Ceci n'est que mon avis, mais je pense que toute personne devrait avoir accès à ses origines, dans la mesure du possible. 


En pratique, comment ça marche ?  

À partir de ses 18 ans, si notre fille en ressent le besoin, à ce moment-là ou plus tard dans sa vie, elle pourra contacter la banque de sperme dont elle est issue, Cryos, qui, après quelques vérifications sur son identité, pourra lui fournir des informations sur le donneur.


Si ces infos lui suffisent, très bien ! Si elle a d'autres questions à poser, alors elle pourra tenter de contacter le donneur afin de lui faire part de son existence et lui demander ce qui a motivé ce don par exemple.


Capucine et moi ne connaissons pas l'identité du donneur, nous disposons seulement de quelques infos sur ses caractéristiques physiques, son caractère, ses antécédents familiaux... Peut-être même que ces informations là suffiront à notre fille et qu'elle n'aura pas besoin d'aller chercher plus loin.


Les freins les plus courants face aux donneurs non-anonymes

En discutant avec bon nombre d'entre vous du sujet, je me suis aperçue que ce sont souvent les mêmes idées reçues qui reviennent... Je vous les expose, vous donne des explications et mon point de vue :


• La peur que le donneur débarque un beau jour dans votre vie

Ceci est IMPOSSIBLE. Même en optant pour un donneur non-anonyme, vous-même n’aurez pas son identité, ni son contact… et l’inverse est aussi vrai !


Le donneur n’a aucune info sur vous, il ne sait pas combien d’enfants sont nés de son don, ni où, ni quand… Il n’aura d’ailleurs jamais accès à ces infos-là.


Quand bien même il débarquerait chez vous, il ne pourrait en aucun cas réclamer la paternité de votre enfant, il a fait un don dans une banque, il n’a donc aucun droit. Rassurez-vous, tout est encadré, aucun risque à ce niveau-là.


Le donneur n’est pas un vilain méchant garçon à voir comme un ennemi… Il est le maillon dans la chaîne de la procréation de votre enfant, sans qui rien ne serait possible… Mais lui aussi à sa vie, sa famille, ses enfants, ce n’est pas son but de vouloir être le papa d'éventuels dizaines d’enfants qu’il a engendrés ! Votre enfant est la prunelle de vos yeux, le donneur ne partage pas cet avis sur un petit issu de lui… Ce n’est pas son enfant.


Attention aux dons de sperme d'un ami ou d'une connaissance... là, légalement, vous n'êtes absolument pas protégées.


• Le refus d’une tierce personne dans son couple

Ce point rejoint beaucoup le précédent mais permettez-moi d’insister :)


Personne, je dis bien personne, ne peut s’immiscer dans votre vie ou dans votre couple quand vous faites le choix d’une PMA avec un donneur provenant d’une banque de sperme.


Ce donneur n’est pas un père, il n’est pas un membre de la famille, il n’est qu’un donneur, c’est une place qui est celle-là, et c’est tout.

• La crainte de perdre son rôle de seconde maman

Dès sa naissance, votre enfant naît vierge de tout jugement, préjugés, idées préconçues… Pour lui, rien de plus normal que d’avoir deux mamans !


Ce n’est seulement qu’en comparant avec ses copains qu’il comprendra vraiment que plusieurs schémas familiaux sont possibles. Et il ne se dira pas qu’il échangerait bien sa 2ème maman contre un papa, ses copains ne se diront pas non plus qu’ils troqueraient bien leur papa contre une seconde maman ! De la même manière, votre enfant ne cherchera jamais à vous remplacer au profit de son donneur.


Votre enfant ne pourra se pencher sur la question de ses origines qu'à partir de ses 18 ans, âge auquel toute son enfance et la globalité de son adolescence seront derrière lui, il s'apprêtera à devenir un adulte.


Faites-lui confiance dans cette recherche de ses origines, il ne cherchera à remplacer personne, seulement à comprendre un peu mieux d'où il vient, et c'est légitime. Le donneur ne sera jamais un père ou un membre de la famille, seulement quelqu'un à qui votre enfant pourra poser des questions ponctuellement si ce dernier accepte de lui répondre. Faites-vous confiance également, personne ne peut prendre votre place.

Dernière chose, lorsque l'on opte pour un donneur non-anonyme, deux situations sont possibles :

- Choisir son donneur soi-même via la banque de sperme, Cryos, par exemple (option que nous avons choisie car je souhaitais choisir moi-même plutôt qu'un médecin choisisse pour moi, je trouve qu'au même titre qu'on choisit son partenaire pour la vie, on peut choisir son donneur !)

- Laisser le choix du donneur à la clinique, qui s'adaptera à vos critères physiques si vous êtes une maman solo ou qui choisira un donneur similaire aux caractéristiques de votre compagne si vous êtes un couple (cette solution est la bonne pour les personnes qui trouvent que choisir soi-même fait trop "catalogue" ou qui ont du mal à faire un choix, ne sachant pas sur quels critères se baser).



Le cas des donneurs connus


Certains couples décident de ne pas passer par la case PMA, et d'effectuer ce qu'on appelle communément des "inséminations artisanales", pour les novices, il s'agit de recueillir le sperme d'un donneur connu (issu par exemple de son cercle amical ou trouvé sur des forums dédiés sur Internet) et de l'injecter à la mère grâce à une petite seringue.


Je tiens à mettre en garde les couples optant pour cette solution qui est certes, plus facile et moins onéreuse, mais qui peut mettre potentiellement votre famille en danger.


Un donneur connu, même si il a signé une attestation sur l'honneur de non-reconnaissance de l'enfant ou tout autre papier, peut quand même reconnaître l'enfant à tout moment.

Si le donneur reconnait l'enfant avant ses 1 an, il bénéficiera de l'autorité parentale au même titre que la mère, si c'est après les 1 an, l'autorité parentale peut être conservée par la mère mais ne pourra JAMAIS être accordée à la seconde mère !


Si vous avez eu recours à un donneur connu, le seul moyen de se prémunir contre ce risque de reconnaissance est d'obtenir au plus vite l'adoption plenière pour la seconde mère. A partir du moment où le lien de filiation est crée avec elle, le donneur ne pourra plus reconnaître l'enfant (attention, l'adoption simple ne crée pas de lien de filiation, ainsi vous ne serez pas protégées d'une éventuelle reconnaissance !).


Pour plus d'informations à ce sujet, je vous laisse le lien du Podcast "Les enfants vont bien" où l'invité est un avocat spécialisé dans le droit des familles LGBT, et vous détaille toutes ces questions liées aux donneurs connus.



Bref, vous l'aurez compris, je suis intarissable sur le sujet mais aussi ouverte et tolérante face aux couples ou aux femmes qui choisissent un donneur anonyme ou carrément connu, du moment que ce choix en est véritablement un et qu'il est assumé !


Vous savez pourquoi vous le faites, et personne ne sait mieux que vous ce qui est bon pour votre famille.


J'espère par cet article avoir répondu aux interrogations de certaines, et pourquoi pas ouvert quelques perspectives à d'autres...


A très vite !

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